PAGE MYXOMYCETES

 

VOUS AVEZ DIT MYXOMYCETES ?

Texte et photographies de Anne-Marie RANTET-POUX


Jamais un organisme vivant n’a autant intrigué les scientifiques !
Le myxomycète met au défi toutes les lois de la classification habituelle.

Il n’est ni un animal, ni un végétal, ni un champignon !

Je dirais un peu des trois, mais comme ce n’est pas possible, un nouveau règne a été créé pour l’y inclure. Désormais notre myxomycète est un Protiste ! Ce n’est plus un champignon !

Cependant, les mycologues conservent l’habitude de le chercher et de l’étudier. Comme les champignons, les myxomycètes se trouvent dans les bois et les forêts dans tous les lieux humides et en décomposition. N’allez pas imaginer que vous trouverez des Myxomycètes comme des cèpes ou des morilles; il faudra se munir d’une loupe de grossissement 10 au minimum, car la plupart sont minuscules, de l’ordre du millimètre !

Le Myxomycète peut se voir sous deux formes

Soit il est immobile sous forme de fructifications, les myxocarpes générateurs de spores, son mode de reproduction.
Ce sont ces « boîtes à spores » aux formes et aux couleurs étonnantes qui  sont prisées par les photographes et par les collectionneurs. Elles sont presque éternelles ! En tous cas, magiques… C’est le côté « champignon » du myxomycète, car on ne connaissait que les champignons pour fabriquer des spores. Certains myxocarpes peuvent ressembler à des champignons et, de plus, ils poussent « comme des champignons », c’est-à-dire comme par enchantement !

Soit il court (hum ! un centimètre à l’heure) sur son bois ou son substrat, sous la forme d’une masse visqueuse, le plasmode. C’est une cellule unique possédant une multitude de noyaux, une des plus grandes cellules au monde ! Sa manière de ramper le fait ressembler à une amibe, un animal qui émet des pseudopodes pour se déplacer ! Voilà pourquoi il a ce faux nom de champignon qui bouge.
Et on comprend mieux son vrai nom : myxo, en grec, signifie glaireux, gluant, mycète signifiant champignon.
Pourquoi rampe-t-il ? Il se déplace pour manger !
Le plasmode mange principalement des bactéries et des micro-organismes de la litière de la forêt, il mange, il grossit, il peut même phagocyter un vrai gros champignon si besoin. C’est son côté « animal ». Puis, le plasmode va se fixer et faire ses petits en fabriquant ses étonnantes « Boites à spores».

Et le cycle continue…

Toute une histoire que nous allons vous développer dans un feuilleton haletant….


Le plasmode est la forme végétative du Myxomycète

Les plasmodes de myxomycètes se trouvent sur les sols de forêts humides, sous l'apparence de masses visqueuses de protoplasme nu, mobiles grâce à des pseudopodes, et pouvant recouvrir des zones de quelques centimètres à deux ou trois décimètres de diamètre. Chaque plasmode contient des centaines de noyaux baignant dans un cytoplasme continu. Les bactéries du sol constituent principalement leur nourriture.
Le plasmode prend souvent une forme organisée, ramifiée ou réticulée, et il peut être jaune, blanc, orange et même vert; il bouge d'un centimètre par heure ! Donc le myxomycète étant une espèce vivante unicellulaire, à mi-chemin du règne végétal et animal, il entre dans le règne des protistes qui comptent aujourd'hui environ 65 000 espèces.
Le plasmode du myxomycète Physarum polycephalum est très utilisé en laboratoire comme organisme modèle pour l'étude de la mobilité et la division cellulaire. C'est le premier organisme vivant à avoir été entièrement séquencé ADN et ARN editing (voir le lien)

les myxocarpes sont la phase de reproduction

Comatricha nigra (Pers.) Schroet. 1885. Très commune sur toutes sortes de bois, une petite boule ronde se perche sur un long et fin stipe noir. Boule d'abord rose, puis bistre, devenant noire, qui sèche et se transforme en poudre de spores.

Physarum album (Bulliard.) Chevallier. 1826. Grégaire, assez commun, sur bois morts et écorces. Sporocystes généralement penchés, oblates, convexes dessus, presque plats dessous, 0,4-0,7 mm de diamètre, 0,3 mm d'épaisseur, couverts de petites particules calcaires blanches, déhiscence pétaloïde.

Trichia decipiens var. olivacea (Pers.) T. Macbr. Espèce facile à découvrir car d'une magnifique couleur orangée à son stade immature plus délicat à trouver lors de sa maturation ( voir pdf associé )

Stemonitis axifera (Bull.) T.Macbr., 1899 est commun sur les troncs des arbres tombés, un myxomycète des plus extravagants une chevelure d'ange bourrée de spores, ....


Comptes rendus d'excursions

A la découverte des Myxomycètes de la Forêt de la Grésigne, par Anne-Marie Rantet-Poux
Le 18 mars 2017
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Quelques liens